L’esplanade de la mairie d’Obala a servi de cadre, ce lundi 10 août 2026, à la cérémonie de clôture conjointe de la 15ᵉ Journée Africaine de la Décentralisation et du Développement Local et de la 9ᵉ Journée Africaine de l’Enregistrement des Faits d’État Civil et des Statistiques Vitales.
Présidée par le ministre de la Décentralisation et du Développement local, Georges Elanga Obam, sous les thèmes « autonomisation des autorités locales pour une eau et un assainissement durable : faire progresser des villes et des territoires résilients, inclusifs et durables vers l’agenda 2036 » et « nouvelle décennie CRVS (2026-2036) : consolider les acquis de l’APAI-CRVS (Programme pour l’amélioration accélérée de l’enregistrement des faits d’état civil et de l’établissement des statistiques de l’état civil en Afrique) et sécuriser l’avenir de l’enregistrement des faits d’Etat civil et des statistiques de l’Etat civil en Afrique par l’intégration, la décentralisation et la digitalisation », la cérémonie a réuni plusieurs autorités administratives, municipales et traditionnelles. Temps fort de cette clôture : l’intervention d’Augustin Tamba, président national des CVUC. Face aux défis qui persistent dans les collectivités territoriales décentralisées, il a appelé à l’action et mis en avant les solutions portées par le mouvement municipal pour améliorer les conditions de travail et renforcer l’efficacité des communes.
Renforcer l’autonomisation des collectivités face aux défis climatiques
Revenant sur le thème de la 15ᵉ Journée Africaine de la Décentralisation et du Développement Local, consacré à l’autonomisation des autorités locales pour une eau et un assainissement durable, le Président national des CVUC a souligné la nécessité de renforcer les capacités des collectivités afin qu’elles puissent mieux répondre aux enjeux du développement durable et aux effets des changements climatiques.
Dans cette perspective, les CVUC ont engagé un plaidoyer auprès du ministère en charge de l’Environnement et de la Protection de la Nature. L’objectif est notamment de permettre aux collectivités de mieux accéder aux financements dédiés à l’action climatique. Les CVUC saluent également la mise en place par le FEICOM d’un guichet climat, présenté comme un outil destiné à faciliter la mobilisation de financements internationaux en faveur des collectivités locales.
À l’échelle de l’Afrique centrale, les CVUC entendent par ailleurs contribuer à une meilleure mobilisation de ces ressources à travers une réflexion stratégique menée au sein de Cités et Gouvernements Locaux Unis d’Afrique Centrale, en lien avec Cités et Gouvernements Locaux Unis d’Afrique.
La digitalisation au service d’un état civil plus sécurisé
Autre temps fort de cette célébration : la 9ᵉ Journée Africaine de l’Enregistrement des Faits d’État Civil et des Statistiques Vitales. Augustin Tamba, a insisté sur l’importance de la digitalisation pour moderniser et sécuriser le système d’état civil.
Sur ce chantier, les Communes et Villes Unies du Cameroun (CVUC) entendent jouer leur partition. Leur programme de digitalisation des communes a déjà franchi une première étape avec la mise en ligne de sites internet pour les collectivités, afin d’améliorer leur visibilité et de valoriser leur potentiel à travers le marketing territorial.
La prochaine phase s’annonce plus opérationnelle. Elle prévoit notamment l’équipement des communes en matériel informatique, mais aussi le renforcement de la connectivité et des solutions énergétiques. Une dynamique qui, selon les CVUC, pourrait contribuer aux efforts du BUNEC pour fiabiliser l’enregistrement des faits d’état civil et renforcer la qualité des statistiques vitales.
Des ressources pour donner corps à la décentralisation
À Obala, le Président national des CVUC, Augustin Tamba, a également mis en avant une préoccupation majeure du mouvement municipal : l’accès effectif des collectivités territoriales décentralisées aux ressources qui leur sont destinées.
Dans son intervention, il a particulièrement interpellé le ministère de la Décentralisation et du Développement local sur la Dotation Générale de la Décentralisation. En ligne de mire : les 15 % de la fraction du budget de l’État consacrés à cette dotation, conformément au Code général des collectivités territoriales décentralisées, alors que le décret d’application est encore en préparation.
À travers cette prise de position, les CVUC réaffirment leur engagement en faveur d’une décentralisation davantage opérationnelle, donnant aux communes les moyens d’assumer pleinement leurs missions et de répondre aux besoins des populations.
À Obala, la clôture de ces deux journées africaines aura donc été marquée par un message fort du mouvement municipal camerounais : sans ressources suffisantes, pas d’action locale efficace. L’enjeu est désormais de permettre aux collectivités de disposer des moyens nécessaires pour bâtir des territoires plus résilients, inclusifs et durables.

